Les Campenaires et leur curé en 1833

 

 Photos et Archives de Monsieur Louis Populaire, scannées aimablement par son fils Francis

De 1897 à 1921 Monsieur Antoine Gosselin fut le Mayeur de Stambruges

Le Livre « Stambruges… Un peu du passé » , de Messieurs Antoine Gosselin et Jean Rolland parut en 1939.

Il fut préfacé par Monsieur Louis Haubourdin , Mayeur du 11 juin 1921 à 1927 

 

Monsieur Louis Populaire a reçu 7 recueils de notes manuscrites sur les 10 numérotés 

Voilà à quoi ressemble ces volumes 

Un énorme merci pour ce merveilleux partage

 

 

Vol IX page 139 à 140 Stambruges, il y a cent ans.

On lit dans l’Observateur du Hainaut du vendredi 23 août 1833 l’article ci-après

 

Vous ne connaissez pas le village de Stambruges ! Tant pis pour vous, car le village de Stambruges est chose curieuse pour le moment.

Figurez-vous à un quart de lieue de la Grand Route de Tournay à Mons, quelques maisonnettes courant l’une après l’autre, un clocher neuf, un presbytère neuf et un cabaret voisin, voilà Stambruges.

Belle affaire, direz-vous ! Un moment et écoutez avant de prononcer.

 

Pendant près de seize ans, Stambruges eut un un int…. à sa cure . Le presbytère tombait en ruines et nul pasteur n’avait voulu accepter la mission de veiller sur son troupeau dans une aussi mauvaise guérite.

On dit alors aux Stambrugeois : «  Voulez-vous un curé ? Faites une cure. » Et les Stambrugeois, soit froideur, soit pénurie, ne faisaient pas de cure et n’avaient pas de curé.

Cependant, faute d’un moine, l’Abbaye ne manque pas !

Le curé de Grandglise cumula les deux ministères et doubla ses bénéfices en doublant sa besogne.

Curé et paroissiens, tous étaient contents. Les Grandglisois prêtaient sans regret leur curé, que les Stambrugeois leur rendaient intact. C’était un nouveau lien moral et religieux entre les deux villages si bien faits pour s’entendre.

Mais hélas, qui peut compter sur quelque chose de stable ?

Il y a cinq ans, l’église de Stambruges vint à brûler, et voilà Stambruges sans curé, sans cure et sans église.

C’était par trop fort et comme il n’y avait pas moyen de vivre sans église, il fallut en bâtir une.

Comment on s’y prit, je l’ignore, toujours est-il que Stambruges eut une église telle quelle ; mais comme l’appétit vient en mangeant, les constructeurs trouvèrent moyen de bâtir une cure à côté de l’église, et comme ils avaient une cure, Il voulurent avoir un curé.

Voilà donc qu’on leur dépêche un vicaire de Péruwelz, il y a de cela 3 ans (1830)

Stambruges reçut le saint homme avec une « pompe «  royale. Il y avait des fleurs sur toutes les fenêtres, on dit même qu’il y avait des « péta… », c’était ravissant .

D’abord, tout alla bien, le curé était le meilleur homme du monde, doux, bien, indulgent. On ne jurait que par le curé, on bénissait le ciel, l’évêque, l’église brûlée, la cure et le curé. Il s’était mis en quatre, le saint homme pour s’imp…. chez ses ouailles, et il y réussit au mieux.

« C’était la lune de miel ! »

Elle ne fut pas longue. Quand le dévot personnage se crut sûr de son fait, il jeta soudain le masque, redevint homme d’église, se montra dur, altier, prêcha contre l’un, contre l’autre, donna de droite à gauche et se déclara l’ennemi de la danse et des cabarets du village. Il n’en fallut pas tant pour se faire détester autant qu’il était aimé d’abord.

Les habitants de Stambruges ne tardèrent pas à déserter la chaire pour le cabaret, ils préféraient la bonne bière au mauvais sermon, et avaient bien raison, ma foi.

Monsieur le curé se formalisa de l’impolitesse, et un jour qu’il était demeuré presque seul en chair, au milieu d’une « période », il s’élance hors de la tribune …., sort de l’église et court au cabaret. De l’église au cabaret, il n’y a qu’un pas, les deux portes se regardent.

Voyez-vous, d’un côté, des buveurs intrépides, immobiles à leur table ; de l’autre le curé prêchant contre l’intempérance, et rouge de colère, ordonnant à ses paroissiens de laisser là leur boisson pour venir se nourrir de sa parole. Nul ne bougeait !

Le cabaretier prit la défense de ses intérêts, reprocha au curé sa concurrence illégale, lui dit qu’il n’allait pas dans son église lui enlever ses pratiques et qu’il eut à lui laisser les siennes.

Force fut au curé de quitter la place.

Après maintes tentatives de ce genre, toutes aussi infructueuses, il s’avisa d’un autre moyen.

A peine la messe est-elle commencée, que Monsieur le curé fait fermer toutes les portes de l’église et force est aux paroissiens d’entendre jusqu’au bout, bon gré malgré.

Cette mesure a donné lieu à une réclamation au bourgmestre. On voulait avoir les portes ouvertes

Le curé rassemble sa fabrique et lui propose de signer une décision qui autorise le curé à tenir à volonté ses portes ouvertes ou fermées.

Le conseil de fabrique ne signa cette autorisation mais le bourgmestre n’écouta pas les réclamations des Stambrugeois. Voilà donc ces pauvres habitants forcés d’être …. à la volonté du curé qui peut leur infuser la « partie » sacrée. Ne vous semble t’il pas voir des poulets en cage, que l’on engraisse pour une fête patronale. Ce sera une excellente manière de pourvoir aux auto-……., quand l’inquisition sera rétablie. Ce qui ne peut tarder grâce à notre saint clergé et à nos év^ques et archevêques.

 

 

NB : Il s’agit ici de François Joseph Gilmont, né à Soignies le 28 mai 1804, d’abord vicaire de Péruwelz, fut nommé à la cure de Stambruges en 1831, où il resta 10 ans. Il eut continuellement maille à partir avec ses ouailles et passait pour un galant homme. Aussi avait-il beaucoup de succès auprès du sexe faible et il était l’objet de critiques acerbes de la part de la population et la risée publique.

Il dut démissionner en 1841 et fut nommé Chapelain aumônier du Prince de Ligne à Beloeil, où il put continuer le même genre de vie et provoqua plusieurs scandales

 

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